« 22 août: Franchi la frontière belge au petit jour. Nous célébrons cette entrée en territoire ami en débouchant une bouteille de champagne. L’heure est un peu matinale mais, en campagne, on n’y regarde pas de si près; quant aux hommes, ils sont enchantés (…). Nous arrivons à Sommethonne, premier village belge. Une vieille femme nous raconte que, voilà quelques jours, elle a vu un petit combat entre uhlans et chasseurs à cheval. Comme nous lui disons que maintenant notre présence doit la rassurer, elle nous répond: ‘Vous ne savez pas où vous allez, les Allemands occupent le pays depuis 15 jours et se sont fortifiés’. ‘Propos de bonne femme’, pensons-nous. D’ailleurs, c’est l’affaire de nos chefs(…). Brusquement, coups de canons! Les premiers de la campagne, du moins à si courte distance ».

Lieutenant R. Deville, artilleur au 17e Régiment d’artillerie.

Coll. JPPAILLOT

Témoignage du lieutenant Civrays

« Lorsque nous reconnûmes les pantalons rouges de Français (…), un feu rapide se déclara dans nos rangs, auquel prirent part également quelques mitrailleuses. L’ennemi tira à peine, cela ne dura que quelques minutes. Nous pûmes nous assurer que notre feu avait été destructeur. Les Français étaient tombés là où ils s’étaient avancés, les uns sur les autres, morts ou blessés. Pourquoi ce groupe avait décidé d’attaquer; cela restait pour nous incompréhensible… »

Témoins Témoins

En fin de journée, alors que les Français, subissant des tirs nourris depuis plusieurs heures déjà, sont en déroute, le commandant Chardoillet fait sonner la charge… D’un seul homme, nous (les soldats français) sortons de nos trous de tirailleurs. Nous marchons d’abord sous une grêle de balles. J’entonne le chant du départ. Nous gagnons du terrain. Les feux des Allemands cessent (…) Il y a 200 hommes derrière moi. Je veux entonner la Marseillaise, je ne sais pas commencer. Térouanne entonne: c’est un ton trop haut. J’entonne à mon tour et, cette fois, les 200 hommes chantent avec moi! »

L’armée française à Laclaireau A quel camp appartient le soldat qui témoigne ici? Le plateau d’Houdrigny et son  Cimetière… Table1 Dans les allées du cimetière de Houdrigny

Au champ d’honneur,

les coquelicot sont parsemés de lot en lot.

Auprès des croix et dans l’espace,

Les alouettes devenues lasses mêlent leurs chants au sifflement des obusiers.

Poème de John Mac Crae, médecin anglais qui a combattu à Ypres.